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2020, l’année du retour à une gestion budgétaire "plus rigoureuse" en Algérie


PARIS - L'année 2020 sera celle du retour à une gestion budgétaire "plus rigoureuse" en Algérie, a estimé Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie centrale au Fonds monétaire international (FMI), estimant "important" que l’Algérie préserve sa stabilité économique durant sa transition politique.

"2020 devra être l’année du retour à une gestion budgétaire plus rigoureuse, car il est important que l’Algérie préserve sa stabilité économique durant sa transition politique", a-t-il déclaré dans une interview au magazine Jeune Afrique publiée lundi, recommandant d'éviter de monétiser ses déficits.

Pour lui, le prochain gouvernement algérien aura un agenda "important" de réformes à réaliser pour "diversifier l’économie en dehors des hydrocarbures et contribuer ainsi à créer un grand nombre d’emplois pour les jeunes dans les autres secteurs où elle dispose de grandes opportunités".

Cependant, il a déploré que la croissance algérienne est "trop tributaire" du prix des hydrocarbures, expliquant que la remontée de 2019 est due à une augmentation de la dépense publique financée par voie monétaire, "ce qui stimule la consommation".

"Mais nos prévisions ont été faites avant les bouleversements politiques qui traduisent les aspirations de la population et surtout de la jeunesse à une amélioration de leurs conditions de vie", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, ce responsable du FMI qui pilote le département chargé de l'étude des perspectives économiques pour l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, et l’Asie centrale, a indiqué que les perspectives de la région dont il a la charge "sont à l’image de l’économie mondiale".

"Quatre forces y sont à l’œuvre : le ralentissement à 3,3% de la croissance mondiale avec les incertitudes qui pèsent sur l’Union européenne et la montée des tensions avec la Chine, le ralentissement du commerce, la volatilité du prix du pétrole passé de 80 dollars le baril en octobre 2018 à 50 dollars à la fin de l’année pour remonter à 74 dollars aujourd’hui, et enfin la situation des marchés financiers plus favorables aux emprunts des pays émergents sous l’effet de la politique monétaire américaine", a-t-il expliqué, considérant que les pays exportateurs de pétrole connaîtront un "léger ralentissement", à l’instar du Pakistan.

"Là encore, il faut distinguer entre les pays du Conseil de coopération du Golfe qui devraient connaître une stabilité de leur croissance grâce à leur secteur non pétrolier, et les autres, comme l’Algérie, qui est très dépendante des prix du pétrole et qui connaît beaucoup de manifestations, l’Iran, affecté par les sanctions américaines et qui va connaître une récession de 6 % ou encore la Libye, en proie aux affrontements", a-t-il argumenté.