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Massacres du 8 mai 1945


ALGER - L'Algérie commémorera mercredi le 74ème anniversaire des massacres du 8 mai 1945, qui ont fait plus de 45 000 chahid, victimes de crimes contre l'humanité dont la responsabilité historique hante l'Etat français qui a annoncé, sous le pression de la rue, l'ouverture du dossier de ses crimes coloniaux.

Le président Macron a admis, le 19 mars dernier, que le système colonial en Algérie était "injuste" et "niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes", avait reconnu que la France reconnaissait le crime d'Etat à travers l'affaire de Maurice Audin, et était prête pour restituer à l'Algérie les crânes des dirigeants de la résistance populaire conservés au Musée de l'homme de Paris et lui livrer des copies des archives concernant l'Algérie de 1830 à 1962.

C'est dans ce cadre que l'anticolonialiste Henri Pouillot a adressé, en tant que témoin de la Guerre de libération nationale, une lettre au chef d'Etat français soulignant le besoin impérieux pour "leur génération d’anciens combattants que les crimes contre l’humanité (tortures, viols, crevettes Bigeard et corvées de bois), les crimes de guerre (600 à 800 villages rasés au napalm et utilisation du gaz VX et Sarin...) et les crimes d’Etat (massacres de Sétif/Guelma/Kherrata en mai 1945 et massacres du 17 octobre 1961 à Paris) soient reconnus comme tels et condamnés et qu’ils ne soient plus considérés comme ayant été les responsables de leur exécution.

Les massacres du 8 mai 1945 furent un tournant décisif dans la maturation de la pensée de la résistance algérienne, en jetant les fondements d'une nouvelle orientation basée sur la règle "ce qui a été pris par la force ne doit être repris que par la force", et en mettant à nu les fausses promesses données par la France coloniale au peuple algérien pour le mobiliser lors de la 2ème guerre mondiale.

Alors que les Français célébraient la victoire des alliés contre l'Allemagne nazie marquant la fin de la seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d'Algériens sont sortis dans les rues à Sétif, Guelma et Kherrata ainsi que dans d'autres villes du pays, répondant à l'appel lancé pour l'organisation d'une marche pacifique en faveur de l'indépendance de l'Algérie.

Mais la réaction de l'administration française fut violente et brutale, lançant une vague de répression sanglante contre les manifestants sans défense. Durant plusieurs semaines, les forces coloniales et leurs milices ont eu recours à tous types de violences, avec des tueries en masse, n'épargnant ni enfants, ni femmes, ni personnes âgées.

Des personnes désarmées abattues à bout portant, d'autres transportées dans des camions pour être jetées dans des ravins, alors que d'autres sont emmenées en dehors des villes pour être exécutées. Leurs corps brûlés sont ensuite ensevelis dans des fosses communes.

Des fours à chaux étaient également utilisés par l'armée française pour se débarrasser des cadavres des victimes, un acte qui témoigne des plus ignobles crimes de l'histoire contemporaine.