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L'Algérie et l'Espagne relèvent les progrès enregistrés dans le développement de la coopération bilatérale


ALGER - L'Algérie et l'Espagne ont relevé "avec satisfaction" les progrès enregistrés dans le développement de leur coopération bilatérale depuis la dernière réunion de Haut niveau, tenue à Madrid en juillet 2015, en dépit d'une conjoncture économique régionale et internationale "défavorable", indique la Déclaration conjointe ayant sanctionné la 7ème réunion de Haut niveau algéro-espagnole tenue mardi à Alger.

Les deux pays "ont réaffirmé solennellement leur volonté partagée d’œuvrer au renforcement du dialogue politique de haut niveau et à la consolidation et l’élargissement des bases de la coopération économique ainsi que le raffermissement des liens culturels et humains, dans le cadre d’un partenariat stratégique appelé à être érigé en modèle de référence au sein de l’espace euro-méditerranéen", note la Déclaration conjointe.

A cette occasion, la partie espagnole a réaffirmé le "caractère stratégique" que revêt l’Algérie pour l’Espagne et a exprimé sa "ferme volonté" d’approfondir et de diversifier davantage le partenariat avec l’Algérie en renforçant le dialogue politique bilatéral, les relations économiques et les liens culturels et humains.

Concernant le dialogue politique, les deux parties se sont félicitées du "niveau" et de la "qualité" du dialogue politique mené d'une "façon régulière" et à une "cadence soutenue", tel que l'illustrent les nombreux échanges de délégations ministérielles des deux pays, intervenus depuis la tenue de la dernière réunion de Haut niveau.

Le document, qui a énuméré les différents accords de coopération signés à l'occasion de cette réunion, souligne que ces accords "viennent enrichir le cadre bilatéral en le dotant d’instruments additionnels susceptibles de concrétiser les objectifs de la coopération bilatérale et consacrer ainsi le caractère stratégique de la relation entre les deux pays amis".

A propos des questions de paix et de sécurité, les deux parties ont procédé à un échange de vues sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun.

En ce qui concerne la question du Sahara Occidental, l'Algérie et l'Espagne ont réaffirmé leur "appui" aux efforts de l’ONU pour "une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental, dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés de la Charte et des résolutions pertinentes des Nations Unies".

Elles ont, à cet égard, exprimé leur "soutien entier" aux efforts du Secrétaire général des Nations Unies, Ant?nio Guterres et à son envoyé personnel, Horst Kohler.

S'agissant de la Libye, le document précise que l'Algérie et l'Espagne "suivent avec attention les développements de la situation dans ce pays" et "soulignent l'importance d’un règlement rapide et durable de la crise dans le cadre du processus de règlement mené au titre des Nations Unies par l’Envoyé personnel, Ghassan Salame".

Les deux parties ont relevé les "pas positifs" dans le processus de règlement politique et pacifique de la crise en Libye et appelé "tous les acteurs et les parties prenantes, à l’exclusion des groupes terroristes reconnus comme tels par les Nations Unies, à faire prévaloir l’intérêt supérieur du peuple libyen".

Elles ont également souligné "la nécessité d’une solution politique à travers un dialogue inclusif, loin de toute ingérence extérieure, et la réconciliation nationale, préservant l’unité, l’intégrité territoriale de la Libye ainsi que sa souveraineté et sa cohésion sociale".

Par ailleurs, l'Espagne a rendu hommage à l’Algérie pour le rôle qu’elle a joué dans le règlement de la crise malienne couronné par la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali. Les deux parties ont appuyé la volonté d’appropriation par les maliens du processus de dialogue nationale, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali.

L'Algérie et l'Espagne se sont également félicitées des résultats "positifs" enregistrés dans la mise en œuvre de l’accord notamment, la mise en place des Autorités Intérimaires dans les cinq régions concernées et le lancement de l’installation des mécanismes opérationnels, et encouragent les parties à continuer leurs efforts dans ce cadre.

Concernant la question palestinienne, les deux parties ont affirmé leur "engagement en faveur d’une paix juste, globale et durable sur la base de la solution à deux Etats, vivant côte à côte, en paix, à l’intérieur de frontières sûres et reconnues et conformément à la légalité internationale et aux décisions des Nations Unies, et l’initiative arabe de paix de 2002, pour permettre au peuple palestinien de recouvrer son droit légitime à l’édification de son Etat indépendant sur les frontières de 1967 avec El-Qods pour Capitale".

Par la même occasion, les deux parties ont déploré le nombre de victimes enregistré suite à des manifestations de la population palestinienne à Gaza à l’occasion de la journée de la terre, appuyant l'appel du SG de l’ONU en faveur d’une enquête internationale sur ces faits.

Les deux parties ont, aussi, exprimé leur "profonde préoccupation" concernant la situation en Syrie et insisté sur "l’importance d’intensifier les efforts pour parvenir à une solution politique, à travers le dialogue inter-syrien, garantissant la stabilité, l’unité, la souveraineté et l’indépendance de ce pays".

Concernant le fléau du terrorisme, les deux parties ont relevé "la persistance et l’aggravation" de la menace terroriste à l’échelle globale comme au niveau des régions du Moyen-Orient, de la Méditerranée et dans la bande sahélo-saharienne. Elles ont, à nouveau, condamné "les actes criminels commis par les groupes terroristes dans différentes parties du monde" et ont réitéré leur "rejet de toute logique prônant l’extrémisme violent, l’exclusif et l’exclusion, qui peuvent conduire au terrorisme".

Les deux pays se sont déclarés "préoccupés" par la mutation en cours du terrorisme et de ses méthodes d’action et souligné l’importance d’une coopération bilatérale, régionale et internationale accrue et plus adaptée à cette mutation.

Ils ont aussi souligné la gravité de la menace véhiculée par le retour des combattants terroristes étrangers dans leurs pays d’origine, de résidence ou par leur déplacement dans des pays tiers et appelé à une plus "grande concertation" autour des voies et moyens de contrer et réduire cette menace.

L'Algérie et l'Espagne ont également relevé la "forte connexion" entre les groupes terroristes et le crime organisé transnational et le rôle croissant de ce dernier dans le financement du terrorisme, appelant à une "plus grande" collaboration internationale, impliquant l’industrie de l’internet, en vue d’"éviter aux groupes terroristes d’utiliser cette technologie à des fins criminelles".

Dans ce contexte, la partie espagnole a soutenu la proposition algérienne "visant à l’élaboration par les Nations Unies d’une charte consensuelle pour une utilisation pacifique et constructive d’internet et des réseaux sociaux".

Concernant la Politique européenne de Voisinage, l’Espagne et l’Algérie se sont félicitées de l’adoption du document définissant les priorités communes Algérie-UE de partenariat ainsi que celui relatif à l’évaluation conjointe de la mise en œuvre de l’Accord d’association.

Les deux pays se sont déclarés "en faveur du développement d’une relation de partenariat forte et dense entre l’UE et ses partenaires du Voisinage Sud, basée sur les principes de respect mutuel, de co-appropriation, de différenciation et l’équilibre des intérêts".

S'agissant de la coopération dans le domaine de la Défense et de la Sécurité, la Déclaration conjointe a relevé que les relations militaires et de partenariat entre l'Algérie et l'Espagne "ont connu ces dernières années une évolution positive marquée par une progression appréciable des échanges de visites et du nombre d’activités enregistrées pour l’année 2018".

Les deux parties ont également exprimé leur volonté de poursuivre et d’approfondir leur coopération dans différents domaines ainsi qu’au sein du cadre du 5+5 Défense.

Elles sont convenues aussi d’intensifier leurs efforts et de renforcer les actions de coopération entre les différents corps de sécurité et de police en fonction des menaces et des intérêts communs et d’encourager et de promouvoir les échanges d’expériences entre les deux pays en matière de protection contre l’extrémisme violent et de lutte et prévention contre la radicalisation.

Les deux pays ont souligné le "niveau satisfaisant" de la coopération bilatérale dans la lutte conjointe contre les réseaux de trafic de migrants, ainsi que dans la "gestion ordonnée" des flux migratoires.